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Reliures de la Bibliothèque nationale de France

Jacques-Auguste I de Thou (1553-1617)

 
président du Parlement de Paris, garde de la librairie royale
Naissance :
1553
Mort :
1617
Pays :
France
Lieu d’activité :
Paris
Rôle :
Collectionneur
La bibliothèque de Jacques-Auguste I de Thou, célèbre déjà auprès de ses contemporains, est considérée comme l'une des plus importantes bibliothèques privées de la fin du XVIe siècle, aussi bien par son importance numérique (estimée à environ 9.000 volumes en 1617) que par la qualité de son contenu, à caractère encyclopédique et savant. Elle a aussi intéressé les historiens de la reliure pour contenir le plus important ensemble de reliures à décor « à la fanfare », avec plus d'une quarantaine de ces pièces de grand luxe à ses armes recensées, pour l'essentiel réunies entre 1573 et 1577 (d'où une très nette prédominance de composition de type classique). Elle se présente d'autre part comme une bibliothèque où l'on voit pour la première fois se systématiser le principe des reliures armoriées, dont le bloc varie ici en fonction du l'état-civil de leur possesseur (voir ci-dessous). À la mort de J.-A. de Thou en 1617, la bibliothèque léguée en indivis à ses enfants encore mineurs fut administrée par Pierre Dupuy. Son fils Jacques-Auguste II de Thou en devint seul propriétaire en 1642.

Armoiries : "D'argent au chevron de sable, accompagné de trois mouches ou taons du même" (OHR , pl. 216, qui répertorie six blocs armoriaux différents et trois chiffres).

Armes simples personnelles, utilisées au temps de son célibat, jusqu'en 1587, associé au chiffre formé des lettres IADT (OHR , pl. 216, 1-3).

Armes associées à celles de sa première femme, Marie de Barbançon-Cany (morte en 1601), utilisées de 1587 à 1601, de même que le chiffre formé des lettres IAM : "Deux écus accolés : I. de Thou ; II, de gueules à trois lions [couronnés] d'argent (Barbançon)" (OHR , pl. 216, 4-6).

Armes associées à celles de sa seconde femme, Gasparde de la Châtre (1577-1616), utilisées de 1602 à 1617, de même que le chiffre composé des lettres IAGG : "Deux écus accolés : I, de Thou ; II, écartelé : au 1, de gueules à la croix ancrée de vair (La Chastre) ; au 2, de gueules à la croix d'argent (Savoie) ; au 3, écartelé d'or et d'azur (Batarnay) ; au 4, contre-écartelé ; aux a et d, de gueules à l'aigle éployée et couronnée d'or (Lascaris) ; aux b et c, de gueules au chef d'or (Vintimille)" (OHR , pl. 216, 7-8).

Voir : Hobson 1970 , appendice B : « Les reliures à la fanfare de Jacques-Auguste de Thou (1553-1617) », p. 76-80 et p. 16*-17* ; Coron 1982 ; Coron 1988 ; DEL Coron 2011 .