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L'office de relieur du roi a été créé vers 1539 pour Étienne Roffet, qui en fut le premier titulaire. À compter de cette date, le titre a été attribué sans discontinuer jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, puis de nouveau sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Les sources documentaires relatives aux privilèges liés à cette fonction sont quasiment muettes et nous en sommes encore réduits, en l'état actuel de la recherche, à n'émettre pour l'Ancien Régime que des hypothèses. Outre le fait de distinguer un relieur reconnu pour la qualité de sa production, on suppose notamment que ce titre conférait le droit exclusif de disposer du ou des bloc(s) armorié(s) officiel(s) spécialement gravé(s) pour l'occasion, avec usage exclusif par son détenteur. On relève d'autre part qu'il y a eu dès l'origine deux titulaires de la charge excerçant sur la même période ou avec des périodes de chevauchement, sans que l'on puisse mettre en évidence l'existence d'une hiérarchie entre les deux titulaires ou établir une manière de répartition des travaux de reliure et si oui, laquelle et selon quels critères. Au XVIIIe siècle, ce titre semble également attaché à la réalisation de reliures pour la Bibliothèque royale, indépendamment de commandes personnelles des souverains.

Si l'on en croit la gratification reçue le 3 juillet 1650 par Antoine Ruette, le relieur ordinaire du roi était traditionnellement logé au Collège royal « pour en jouir tout ainsi qu'ont fait ceux qui estoient ci-devant pourveus de la ditte charge » (document transcrit par Thoinan).

Voir : Thoinan 1893 , p. 389 ; Le Bars 2011 (7) , p. 506-507 ; Barber 2013 , t. I, p. 142-143.