Julien Brodeau, jurisconsulte et avocat au Parlement de Paris, est l'auteur de plusieurs ouvrages de droit, notamment d'un
Recueil d'aucuns notables arrests [...] pris des Mémoires de Feu Georges Louët (Paris, 1633), qui lui vaut d'avoir été mentionné en ces termes par Nicolas Boileau dans ses
Satires (Paris, 1666) :
« Dois-je, las d'Apollon, recourir à Barthole : / Et feuilletant Louët alongé par Brodeau, / D'une robe à longs plis balayer le Barreau ? » (Satire I, p. 8). La bibliothèque de ce personnage est connue grâce à l'inventaire qui en fut dressé en 1658, à l’occasion du mariage de son fils Julien II, document suffisamment précis dans les descriptions des quelque 6000 volumes qu'il recense pour rendre possible l’identification de la plupart d’entre eux. L'étude menée à partir de cet inventaire par Y. Le Guillou a ainsi permis de retrouver environ 300 exemplaires, dont la nature précise le caractère premier de bibliothèque d'étude que l'on peut conférer à la collection. Ces identifications sont en outre rendues possibles, indépendamment de la connaissance de l'inventaire cité ci-dessus (non publié), par le fait que Julien Brodeau avait pour habitude d'inscrire son nom sur ses livres, ex-libris presque toujours complété d'une mention d'achat datée, ce qui a permis le signalement de volumes lui ayant appartenu aussi bien dans des collections publiques que privées. Dans la plupart des cas, on relève que les livres de Julien Brodeau sont dans des reliures courantes, conformément à ce que l'on peut attendre dans la bibliothèque d'un érudit, avant tout destinée à être commodément lue et étrangère à toute considération d'ordre bibliophilique.
Outre le volume décrit ci-dessous, citons ici, à titre d'exemple, les trois volumes aujourd'hui conservés à la bibliothèque municipale d'Angers, respectivement achetés par Brodeau en 1622, 1635 et 1639 : texte juridique de N. Callet (Paris, 1573) [Rés. B50101], recueil factice de panégyriques à Henri IV [Rés. BL0651 (1) et (2)] et recueil factice à caractère juridique [RES SJ0349 (1) et (2)] ; ou bien encore, en mains privées, un recueil acheté en 1616, réunissant sous une reliure soignée en vélin deux éditions de Guillaume Morel, respectivement un exemplaire des Discours de Basile de Césarée (Paris, 1556 ; éd. princeps en grec) et sa traduction latine par Simon Maillé de Braizé (Paris, 1558).
Marque de possession : ex-libris manuscrit, sous la forme « J. Brodeau » ou simplement « Brodeau » ; ce nom est le plus souvent accompagné d'une mention d'achat datée.
Voir : Le Guillou 2019 , notamment p. 369-374.
[Version mise à jour : remerciements à MM. Marc-Édouard Gautier (BM d'Angers) et Sylvain Durrleman.